
Aujourd'hui en France, se passe à l'abri des médias, et surtout de l'opinion public une atroce déportation. Il est temps de relayer ce qui se passe. Et surtout AGIR, afin que cette ignominie cesse enfin. Je laisse vos consciences de citoyen de la France s'éveiller à la situation honteuse dans laquelle nous jette ce gouvernement fervent défenseur du "liberté, égalité, fraternité". J'ai honte pour eux.
Chaise vide à Montbéliard
Sabina et Salko Musanovic et leurs 2 filles (Saldina 7 ans, scolarisée
à l’école Coteau Jouvent, à Montbéliard et Sumaja, née en France en
2006), arrêtés le 30 août à Montbéliard, ont été expulsés ce matin 8
septembre. Musulmans de la République Serbe, déboutés de l’asile malgré
le fait qu’ils sont Musulmans de Serbie (7 000 d’entre eux massacrés en
quelques jours à Srebrenica), ils seront dans quelques heures de retour
dans un pays hostile. Devant l’école Coteau Jouvent, à Montbéliard
trône sa chaise vide sur laquelle est apposée une affiche « Saldina, 7
ans, absente mardi 4 septembre, jeudi 6 septembre. Motif de l’absence :
enfermée au Centre de rétention administrative de Rouen par le
gouvernement français ».
Scènes de chasse dans les Ardennes
Dans les Ardennes, la préfète Delmas-Comolli ne recule devant rien pour
diversifier son tableau de chasse et satisfaire son ministre en lui
offrant les 111 têtes exigées. Adepte de la chasse aux amoureux, elle a
ainsi, en août, fait expulser Younès, jeune boulanger tunisien à
quelques jours de son mariage avec une française. Félicitations ! Il ne
fait pas bon être amoureux d’un étranger au pays où Madame
Delmas-Comolli est préfète et Monsieur Hortefeux ministre !
Cinq prises, dont trois jeunes, à Revin
Mardi 28 août, 7 heures du matin, une armada de policiers sort de cinq
voitures devant le CADA de Revin, dans les Ardennes. Toute la famille
Isufi, le père, la mère, le fils Valdrin, 20 ans, les trois filles
Hamida, 16 ans, Driana, 14 ans, et Violanda, 11 ans sont embarqués et
placés en rétention (sauf Valdrin, libéré pour vice de forme dans la
procédure).
Bien que Kosovar M. Isufi a pris parti pour les Serbes pendant la
guerre de 1998- 1999… un choix par la suite durement payé par toute la
famille, enfants compris. En 2005, ils s’enfuient et demandent l’asile
en France. Refusé. Croyant aux assurances des autorités françaises
selon lesquelles le Kosovo serait redevenu sûr, ils acceptent l’aide au
retour en avril 2006. Mais dès leur arrivée, ils sont considérés comme
des espions et sont de nouveau harcelés. Valdrin est agressé et passé à
tabac. Hamida subit trois agressions graves. M. Isufi est laissé pour
mort le 15 novembre 2006. Après trois semaines d’hospitalisation, il
est placé en hôpital psychiatrique. Sa femme et ses quatre enfants
fuient de nouveau en France en décembre 2006, suivis par le père dès sa
sortie d’hôpital en avril 2007.
C’est donc à cet enfer que Madame la Préfète souhaite renvoyer le père,
la mère et les trois filles Isufi, pour complaire à son ministre.
Bravo ! Les billets sont pris pour le 12 septembre.
Popov : expulsion imminente ?
La famille Popov a reçu hier soir notification du refus de l’OFPRA de
tenir compte des fuites dont aurait bénéficié la police Kazakh,
informée des déclarations des Popov la mettant en cause. Ils peuvent
être expulsés à tout moment vers le Kazakhstan avec leurs deux enfants,
Véronique, 4 ans et Geoffrey, 6 mois. Comme une partie des Kazakhs
d’origine russe, Vladimir et Yekaterina ont été accusés d’avoir été des
« colonisateurs » pendant l’ère soviétique. Toute la famille a fui vers
la France et demandé l’asile. Ils ont été déboutés. Le beau-père de
Yekaterina (second mari de sa mère) a été assassiné à son retour au
pays après que sa demande d’asile en France ait été rejetée.
Vladimir et Yekaterina et leur fille, Véronique (4 ans) (Geoffrey
n’était pas encore né, tous deux sont nés en France) avaient été
arrêtés une première fois en octobre 2006. Ils avaient été libérés sur
intervention du ministère de l’Intérieur avant d’être arrêtés une
seconde fois et libérés à nouveau suite à une importante mobilisation à
Charleville.
Le 27 août les gendarmes sont venus les cueillir à 7 heures du matin.
Le lendemain, ils étaient levés à 3 heures du matin et conduits à
Roissy où la police espérait les mettre dans un avion. Une expulsion
minute en quelque sorte, longuement préméditée en dépit du fait que les
Popov sont déchus de la nationalité Kazakh. La tentative d’expulsion
express ayant finalement échoué, ils sont enfermés au centre de
rétention d’Oissel où ils tentent une ultime démarche auprès de
l’OFPRA, celle qui vient d’avorter. La mobilisation doit être totale
pour empêcher l’expulsion imminente d’une famille apatride.
La chasse à la femme battue
La liste des exploits cynégétiques de Madame la préfète des Ardennes au
service de son ministre ne serait pas complète sans le rappel (dépêche
AFP Charleville-Mézières 7 sept 2007, 12h09) de son ardeur à chasser la
femme battue. Une jeune femme biélorusse, mère d’un enfant de 6 ans, a
perdu son droit au séjour après avoir fui son mari français condamné à
3 mois de prison avec sursis pour menaces de mort à son encontre.
Sviatlana Tchibissova, 30 ans, "est sous le coup d’une reconduite à la
frontière depuis novembre dernier. Donc elle est toujours susceptible
d’être expulsée. Pour l’instant elle se cache", a indiqué vendredi un
porte-parole de la préfecture à l’AFP. Début juillet, une lettre du
directeur de cabinet de la Garde des Sceaux Rachida Dati, suggérait à
la préfecture un "examen bienveillant" du dossier de Svietlana. "Ce
n’est pas ce ministère qui est compétent", répond la préfecture des
Ardennes, qui ajoute : "Nous avons des objectifs. Le ministère de
l’Immigration nous demande de ne pas faire de régularisations à tort et
à travers".
Des propos qu’on voudrait croire irresponsables
Dans une interview au Journal l’Ardennais du 7 septembre 2007, un
certain Franck Chaulet, directeur de cabinet de la préfète des Ardennes
tient, probablement sans mesurer ce qu’il dit, un discours à faire
frémir (http://www.educationsansfrontieres....).
Il faut le lire pour croire qu’en 2007, en France, un haut
fonctionnaire puisse s’exprimer de la sorte ! A n’en pas douter son
interview prendra place dans les anthologies.
Selon lui, les 111 expulsions exigées par le ministre qui sont « un
repère, pas un quota » constituent « un objectif ambitieux ». On peine
à en croire ses yeux ! Ainsi, ces dizaines d’hommes, de femmes et
d’enfants maltraités, arrêtés à l’aube, victimes de rafles au faciès,
fouillés à poil dans les commissariats, menottés à chaque transfert,
rudoyés, enfermés dans des centres de rétention crasseux, embarqués
ligotés de la tête aux pieds et scotchés à leur siège d’avion seraient
un « objectif ambitieux » ! On se flatte de n’avoir pas les mêmes
ambitions que ce type là. Il précise, du même ton du crétin
technocratique qui ne se rend pas compte de la monstruosité de son
propos : « C’est la déclinaison locale de l’objectif national […]
chaque département apporte sa contribution ». 111 vies bousillées, des
dizaines d’enfants et de parents traumatisés à vie, l’humiliation du
retour forcé vers un pays fui, la terreur pour certains et Monsieur le
directeur de cabinet qui « décline localement » et « apporte sa
contribution ». Il ajoute : « Ce chiffre est un ordre de grandeur, un
indicateur comme nous en avons en terme de logement, chômage, sécurité
routière ». Comment mieux dire le caractère démentiel de la politique
conduite par ce gouvernement qui amène un haut fonctionnaire
expérimenté à traiter de la vie des hommes dans les mêmes termes et de
la même façon que du logement, du chômage ou de la sécurité routière.
En d’autres temps, on a parlé de « crimes de bureau » pour ces
fonctionnaires qui planifiaient paisiblement la déportation de leurs
semblables. On n’en est pas là, l’expulsion des sans papiers n’est pas,
n’a aucune commune mesure, avec les camps de la mort et Monsieur
Chaulet n’est pas Eichmann. Mais quand même. Le doigt est mis dans un
engrenage dangereux. Quand un haut fonctionnaire qui s’exprime devant
la presse, en pesant ses mots en est à parler en occultant totalement
le contenu humainement désastreux des mesures prises, il est temps,
plus que temps, de s’inquiéter. Et que des voix s’élèvent, y compris au
sein du corps préfectoral pour dire que trop c’est trop, et qu’on ne
fera pas faire n’importe quoi à l’administration.
Ces propos sont relayés par RESF qui demande à ce que ces affaires soient largement diffusées.
Pendant ce temps là, Brice Hortefeux convoque les préfets pour engueuler ceux qui ne respectent pas leurs quotas.
Réagir