La non violence une stratégie
Par underground le vendredi, juin 15 2007, 10:07 - Créer c'est résister, résister, c'est créer - Lien permanent

Or, devant le conflit, quelles sont les attitudes possibles ? Nous en
voyons quatre, de prime abord. La première c'est de détourner la tête
et d'éluder l'affaire, surtout si nous ne sommes pas directement
attaqués, puisque, vous le savez, "nous avons toujours assez de courage
pour supporter les maux d'autrui" (Chamfort). Tout compte fait, cette
histoire ne nous regarde pas. Nous restons neutres, et d'ailleurs nous
ne restons pas, nous nous esquivons discrétement. La seconde attitude
c'est d'entrer bravement dans la bagarre, d'y rendre coup pour coup et
deux pour un, si nous pouvons. La troisième c'est de tourner les talons
et d'enfiler la venelle vite assez. La quatrième c'est de lever les
mains, de tomber à genoux, d'implorer grâce, d'invoquer la clémence
d'Auguste, bref de capituler. Voyez-vous une cinquième attitude
possible ?
La cinquième attitude c'est la non-violence. La
cinquième attitude exclut également les quatre autres. Exclut la
neutralité, exclut la bagarre, exclut la fuite, exclut la capitulation.
Bon ! Vous y êtes ? Nous y sommes, oui, mais nous sommes bien
embarrassés. Car si je ne dois ni me battre, ni pas me battre, ni
m'enfuir, ni me rendre, que dois-je donc faire ? Je comprends votre
embarras. Pour vous tirer d'embarras vous n'avez qu'à consulter le
manuel. Le manuel est facile à trouver. Vous n'avez qu'à le feuilleter
du pouce et à chercher la page. Le manuel s'appelle l'Evangile. Vous
connaissez ? Oui. Et que dit l'Evangile au sujet de la légitime
défense, du châtiment des voleurs et des scélérats, de l'honneur de la
Patrie, de la Sauvegarde de la Civilisation Chrétienne et des autres
bonnes et belles raisons et nécessités de la guerre juste et de la
peine de mort ? "Si l'on te frappe sur la joue droite, tu tendras la
gauche. Si l'on t'arrache ton manteau, tu donneras aussi la tunique. Si
l'on te force à faire cent pas, tu en feras deux cents." Bon !
Maintenant vous y êtes, car c'est tout à fait clair. Et vous savez par
coeur ces paroles d'Evangile car vous êtes Chrétiens ou du moins il y a
des Chrétiens parmi vous et vous avez toujours vécu au milieu des
Chrétiens. J'en conclus que c'est ce que vous faites. Que jamais vous
ne faites autrement. Que jamais vous n'avez vu un Chrétien faire
autrement. Car celui que fait autrement n'est pas un Chrétien. Ce n'est
pas moi qui le dis, c'est le Christ : "Si vous aimez ceux qui vous
aiment, si vous saluez ceux qui vous saluent, si vous prêtez de
l'argent à ceux qui vous le rendront (avec un petit pourcentage) que
faites-vous de plus que les païens ?" Il n'y a donc pas de doute : vous
faites cela ! Et je remarque tout de suite qu'en faisant cela vous ne
restez pas neutre, vous ne frappez et ne menacez pas, vous ne fuyez et
ne reculez pas, vous tenez bon, vous tenez votre ennemi, vous n'allez
plus le lâcher que le conflit ne soit résolu. Vous avez donc bien
trouvé la cinquième chose à faire, chose si nouvelle, si originale, si
hardie, que les gens en demeurent pantois. Reste à leur expliquer
pourquoi vous faites cela. Ils ont peine à comprendre. Ils pourraient
croire, les pauvres ! que vous êtes un vicieux et que vous aimez
attrapez deux claques au lieu d'une.
Pan sur la joue ! Holà,
monsieur, ne sortez pas, vous avez oublié quelque chose. Que j'ai deux
joues, monsieur. Tâchez de leur expliquer, aux gens, pourquoi vous
faites cela ! Et dites-leur d'abord que vous avez rarement rencontré un
méchant assez vaillant et persévérant dans la méchanceté, pour profiter
indéfiniment de l'ouverture et de l'impunité. Qu'il vous est même
arrivé de voir des furieux s'arrêter comme foudroyés. Expliquez-leur
pourquoi ! Dites-leur : Je fais cela parce que je sais que mon ennemi
est un homme. Un homme, vous entendez, un homme ! Bah ! ce n'est pas la
peine de crier si fort : tout le monde sait cela. Voire ! Vous le savez
parce que c'est évident, mais surtout parce que vous êtes paisiblement
assis sur une chaise. Mais dans le feu du conflit, quand votre sang
n'aura fait qu'un tour, l'évidence ne va-t-elle pas tout à coup se
retourner ? Et votre ennemi ne s'évertuera-t-il pas lui-même à vous
fournir la preuve éclatante qu'il est une bête nuisible, un monstre, un
démon ? Ce n'est pas maintenant, c'est alors, qu'il faut soutenir la
difficile vérité : que c'est un homme : "Un homme comme moi". S'il est
un homme, l'esprit de justice est donc en lui, comme en moi. Car
l'esprit de justice est en tout homme. Car la justice est simple comme
deux et deux font quatre. Et deux et deux font quatre pour le Blanc,
pour le Nègre et pour le Jaune, pour le Papou comme pour le Français,
pour les bons comme pour les méchants, pour moi et pour mon ennemi.
J'attire tout de suite votre attention sur la force contraignante que
recèle la simple proposition que deux et deux font quatre. Car, deux et
deux étant posés, il ne dépend pas de mon bon ou mauvais vouloir, de
mon savoir ou de mon ignorance, de ma force et de mon habileté, qu'il
en résulte autre chose que quatre? Or ma cause doit être juste comme
deux et deux font quatre, sans quoi la non-violence ne peut rien pour
elle.
http://www.irnc.org/index.htm
http://nonviolence.fr/
http://desobeissancecivile.org/
http://www.forget-me.net/Nonviolence/
http://www.non-violence-mp.org/
http://www.nonviolence.ca/
http://unesdoc.unesco.org/images/0011/0 … 8082fo.pdf
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